14 avril 2017

Jouer, se dépasser, se reconnecter : la montagne, intensément variée

Samedi, au saut du lit. Et c’est quoi, le programme, aujourd’hui ?

Enfiler ses chaussures de trail pour une intense journée de rando-course ? Emmener ses dégaines en face sud ? Aller promener son VTT et donner un tout nouveau sens à l’expression « laisser son vélo prendre la poussière »? Et pourquoi pas profiter d’une dernière chute de neige pour rajouter une journée de ski de randonnée au calendrier ? 

Bref, le printemps arrive, et avec lui les dilemmes.

Estelle ou Yann, eux, ont trouvé comment résoudre l’insoluble équation. Facile : ils évitent de choisir. 

 
montagne
Profiter de la nature et de sa beauté, faire le plein d'émotions et d'intensité.
 

 

 

« Je pratique beaucoup de sports différents, tant que c’est en montagne », dit Estelle. Pas sectaire, Estelle : tant que ça se déroule dans les hauteurs, ça a une (grande) chance de lui plaire. A l’actif de cette native du Beaufortain (« les plus belles montagnes du monde »), le ski, le trail, mais aussi la randonnée, l’escalade, et, avec Antoine, son compagnon, la slackline et la highline, sa version aérienne, et plus extrême… adrénaline assurée ! Bref, tant que ça se passe « là-haut », il y a une probabilité assez marquée qu’Estelle ait essayé.

 
la montagne à savourer

« La montagne, je la vis surtout comme un endroit à savourer », explique Estelle. « J’ai besoin des sensations intenses qu’elle procure. En ski, on peut me trouver sur la piste, entre autres parce que je suis monitrice, une activité qui m’épanouit car j’aime transmettre. Mais, de plus en plus, j’ai besoin de m’évader loin des remontées, de retrouver la montagne à l’état pur. 

 
« J’ai besoin des sensations intenses que la montagne me procure. »
 

 

 

En trail, je participe de temps à autre à des courses, mais la performance pour la performance ne m’intéresse pas : je cours pour chercher mes propres limites, parce que cela m’aide, comme le yoga, que je pratique aussi, à me reconnecter à moi-même. Être en montagne m’aide à voir plus clair, à me recentrer sur la personne que je veux vraiment être. Ça peut paraitre cliché, mais être là-haut m’aide à être une meilleure personne avec les autres ». 

 

 

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Se dépasser pour mieux se retrouver : la montagne à l'état pur. 
 

 

 

Discutez encore un moment avec Estelle, et vous vous rendez vite compte qu’en fait, elle ne pratique pas la montagne, elle la vit, dans la contemplation ou dans l’action. Elle y pleure, aussi. De joie. « Parfois, quand je regarde la montagne, les larmes montent. C’est si beau. On a tellement de chance d’être là », dit-elle, Estelle, avec des étoiles dans les yeux et dans la voix. 

Yann, lui, Parisien touche à tout qui ne manque jamais une opportunité d’aller explorer la montagne, est convaincu que, quand on aime, on ne compte pas, et surtout, on ne choisit pas. Sa montagne, il l’aime sous toutes ses formes, et si c’est d’abord la découverte du VTT qui l’a poussé sur les chemins de forêt ou singles escarpés, il pratique aussi intensément aujourd’hui le trail et le ski de randonnée dès qu’il trouve un moment de liberté.

 
intensité et liberté

Dans le trail, Yann a trouvé un sport qui lui permet de vivre à fond la montagne et d’être à la fois seul et (bien) accompagné. « Mon premier trail, en Aubrac, a été comme une révélation », blague-t-il. « J’ai tout de suite adoré cette sensation d’être seul avec la nature, tout en me sentant lié aux autres participants ». Il a depuis pris le départ de nombreux ultra-trails. Il apprécie ces moments de partage, lors des départs ou à l’occasion de quelques kilomètres que l’on parcourt d’une même foulée et où l’on s’encourage mutuellement. 

 
« J’ai tout de suite adoré cette sensation d’être seul avec la nature »
 

Il savoure tout autant, et plus encore peut-être, ces morceaux de temps plus contemplatifs, quand on se retrouve, après de nombreuses heures de course, seul avec la montagne et le timide soleil du petit matin. Il adore enfin l’exigence physique de ces épreuves, et, au-delà, leur dimension mentale, la tête qui mène et le corps qui suit. La montagne devient alors ce lieu où faire le plein de sensations et le vide tout à la fois, vivre sa propre aventure intérieure et se reconnecter à l’essentiel.

 
 

 

Montagne
Jouer avec ses limites... 
Montagne
...pour retrouver l'essentiel.
 
retrouver l'essentiel

Se reconnecter à l’essentiel : d’un point de vue plus prosaïque, c’est aussi une obligation qui découle d’un constat matériel : en montagne, on ne part pas avec sa maison sur son dos ! Il faut savoir laisser derrière le superflu et se concentrer sur le strict nécessaire. 

« Quand je suis parti pour une reconnaissance de quatre jours sur le parcours de l’UT4M, une course qui relie les montagnes autour de Grenoble », explique Yann, « j’allais courir en autonomie. Il fallait partir léger tout en ayant un équipement adapté à un effort intense et aux possibles aléas de la météo. En deux mots, technique et polyvalent. Avoir le bon équipement, c’est se donner la possibilité de l’oublier une fois qu’il est porté, de se concentrer sur sa pratique, d’être complètement dans l’instant et dans le mouvement ». 

 

 

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Dans l'instant et dans le mouvement, intensément. Crédits photo : www.wandaprint.com
 

 

 

 

 

« Même quand nous partons avec notre van, quasiment toute la place disponible est occupée par le matériel nécessaire pour nos différentes activités, et ce qui reste, c’est pour notre matelas », se marre, quant à elle, Estelle. Les indispensables pour crapahuter pendant l’été ? Un pantalon stretch utilisable autant sur les sentiers que sur une voie d’escalade ou le soir, de retour au campement, un t-shirt technique qui sèchera rapidement après avoir été porté lors d’une sortie trail ou rincé dans un torrent de montagne, une veste imperméable et une doudoune légère, suffisamment chaude pour assurer en haut d’un relais ou devant la tente quand l’aurore apparait. Oh, et une jupette, car oui, on peut assurer en montagne tout en assumant pleinement son côté fille !

Lors de sa première participation au Trail de la Pierra Menta, Estelle avait pris le départ en petit short de coton et t-shirt choisi parce qu’il était le moins cher du rayon. Deux ans plus tard, la jupette technique a donc remplacé le short en coton, mais l’esprit dans lequel Estelle pratique la montagne, lui, n’a pas changé : savourer, se dépasser, profiter sans modération d’un fabuleux terrain de jeu : la montagne, baby !

 

 

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Monter. S'arrêter. Respirer. Admirer. Savourer. Recommencer.
 

 

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