27 février 2019

Carnet de voyage – Kola, Russie

Choisir la destination :

Notre équipe « A La Française » est composée des skieurs Guillaume Harleaux, Bertrand Clair, Aymeric Cloerec, moi-même (Fabrice Dompnier) et notre réalisateur et cameraman Yves Thollon.

Il était temps de trouver une destination originale pour notre traditionnel voyage annuel. Nous étions déjà partis au Japon, en Islande, dans les Alpes de Lyngen en Norvège et tout autour de l’Europe… Nous recherchions un endroit qui n’avait pas encore été posé sur pellicule.

Le voyage s’est organisé alors que la saison était déjà bien avancée, la seule solution était donc le Nord. Merci Google Earth de nous avoir permis de dénicher le Massif des Khibiny dans la péninsule de Kola au Nord-Ouest de la Russie. La plus grande ville à proximité est Kirovsk.

Image paysage trois hommes en vestes techniques

Une fois la destination choisie, il est temps de gérer les visas russes (pas si aisé), la réservation des billets et…direction Kirovsk ! Malheureusement, Aymeric perd son père quelques jours avant de partir, il ne sera donc pas du voyage. Notre film « Kola » est dédié à sa mémoire.

Dépaysement :

Atterrissage à Mourmansk, la ville la plus importante de la péninsule de Kola, plus connue pour son port de sous-marins atomiques que pour ses musées… 3h de route parsemée d’industries à taille surhumaine, puis nous arrivons à Kirovsk au sud du Massif des Khibiny.

Le décor est planté, l’ambiance de la ville est bien plus industrielle que portée sur les montagnes qui l’entourent, des barres de bâtiments, des rues tracées au cordeau, des tuyaux de vapeur chaude sortent de partout… Le dépaysement est bien présent.

Autour de la ville se trouve le massif : des montagnes très arrondies mais bien enneigées, ça nous suffit ! Nous partons le lendemain au pied des petites remontées mécaniques qui partent de la ville, la zone skiable se nomme « Big Wood » !

Mosaique d'image de voyage

Les conditions pour cette première journée sont assez moyennes, jour blanc et vent. Pas de quoi se décourager, nous sommes bien équipés et avons l’habitude de ces conditions. On en profite pour explorer les environs, et repérer des futures lignes de freeride.

Nous en profitons pour filmer quelques plans, mais on se rend compte que le gros du spot n’est pas ici. Le lendemain nous partons sur l’autre versant de Big Wood. Nous avons repéré des spots dans des mines arrêtées pour l’hiver, c’est notre chance !

Image paysage avec télésiège vintage

Entre deux descentes :

Les remontées mécaniques vendent des forfaits d’1h à 200 roubles, ce qui fait environ 2,5 €. Cela nous permet de nous approcher de nos lignes et de nos bowls repérés la veille.

Nous mettons nos peaux de phoque, et c’est parti pour une marche en direction d’une mine avec 4 bâtiments sortant de nul-part. Elle surplombe deux immenses bowls qui seront nos lieux de prédilection pour presque la totalité de notre voyage. Toutes les conditions d’enneigement sont réunies : le soleil est omniprésent, et sous ces parallèles - au niveau du cercle polaire - le jour dure très longtemps à cette période.

Dans un premier temps, chaque remontée se fait à pied, car la rotation en contournant le massif pour accéder à la station est très long et nous prends environ 1h30 voire 2 heures. La pente douce est très agréable et varié, avec un mix d’anciens baraquements désaffectés et de forêt. Les couleurs de fin de journées sont magnifiques, on prend le temps de savourer chaque instant et de contempler le paysage.

Les jours défilent, les descentes et les couloirs également. Nous repartons au bout d’une dizaine de jours en ayant le sentiment du devoir accompli, des images pleins la tête et la caméra.

Mosaique d'image skieur en tenues techniques

Expérience incroyable :

IL ne faut pas s’arrêter à la première impression sur cette destination de ski. Prenez le temps de sortir des sentiers battus, de mettre les peaux de phoque pour explorer les alentours, il y en a pour tous les niveaux.

Attention toutefois aux barres rocheuses, corniches et aux accumulations de neige, les départs des runs sont souvent complexes. Nous avons par exemple eu besoin d’utiliser le drone pour voir si certains couloirs se terminaient en sécurité.

Ce fut au final une expérience incroyable de dépaysement, et le fait d’avoir posé les skis dans des lignes et des couloirs peut-être jamais skiés est un sentiment incomparable !

Dompnier
À propos de l’auteur
Fabrice Dompnier
Fabrice a fait ses armes dans le ski freestyle avant de succomber à l’appel de la poudreuse. Fier représentant de la vallée de la Maurienne, ce moniteur de ski exerçant à la Toussuire ne manque pas une occasion pour voyager avec l’équipe A La Française, toujours accompagné du réalisateur Yves Thollon pour ramener de belles images à la maison.
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