5 mars 2019

Profiter de l'hiver en limitant son impact

Limiter son impact skis aux pieds : des stations en action !

Si l’activité des stations n’est pas sans conséquence sur l’environnement, elles sont toutefois de plus en plus nombreuses à mettre en place des actions visant à le préserver. Transport, urbanisme, consommation et déchets, préservation de la biodiversité et des espaces naturels, et bien sûr, tourisme durable, les domaines d’action sont multiples. Petit coup de projecteur sur les transports, où beaucoup peut être fait pour limiter l’impact des activités hivernales, ainsi que sur la gestion des déchets.

Privilégiez les transports collectifs et le co-voiturage pour accéder aux stations

Arêches-Beaufort, qui a été la première commune à signer la Charte du Développement Durable des Stations de Montagne, mise sur la mobilité durable avec la promotion des transports collectifs pour accéder à la station. En prenant le train jusqu’à Albertville, la navette pour la station, située à 25km, est gratuite pour l’achat d’un forfait de ski à la journée. Le covoiturage est aussi encouragé : le système « Ski Drive » permet de bénéficier d’un tarif dégressif sur les forfaits en fonction du nombre de passagers du véhicule.

Circulez en mode doux en station

Avoriaz, en Haute Savoie, pionnière de ces stations piétonnes où la voiture n’a pas sa place, vient bien sûr immédiatement à l’esprit, mais elle n’est pas la seule à privilégier les transports « doux » comme mode exclusif, ou alternatif, de déplacement. Au cœur des Trois Vallées, entourée d’une magnifique forêt d’épicéas, Courchevel-La Tania est l’une d’entre elles : le centre y a été pensé de manière durable et écologique et est entièrement piéton, avec un départ skis aux pieds depuis la plupart des logements. En trois mots, écolo, convivial et idéal pour les familles. Pour ceux plus attirés par les Pyrénées, la station de Piau-Engaly, située aux portes du Parc National des Pyrénées et station la plus haute des Pyrénées françaises, est, elle aussi, entièrement piétonne.


Dans les stations accessibles aux voitures, les navettes sont un excellent moyen de limiter les déplacements individuels, mais aussi de partir skier, puis de s’octroyer une pause-café ou d’attaquer l’après-ski, chacun à son rythme, pour profiter sans contrainte de sa journée ! De nombreuses stations permettent aujourd’hui de limiter ses déplacements en voiture au sein de la station en proposant un système de navettes facilitant l’accès aux pistes. Serre Chevalier, dans les Alpes du Sud, propose une navette gratuite permettant d’accéder aux pistes, ainsi qu’une autre, accessible sur présentation du forfait de ski et permettant de se rendre dans les autres villages composant le domaine. Chamonix a, de son coté, mis en place la libre circulation dans les transports publics entre Servoz et Vallorcine, pour les résidents comme pour les vacanciers. Il est aussi possible de circuler… en « Mulet » ! D’accord, ce n’est que le petit nom de la navette de centre-ville, mais celle-ci est gratuite et 100% électrique, et c’est déjà beaucoup !

Une meilleure gestion des déchets

Quand on pense à ces villages et stations de montagne qui voient, quelques semaines par an, leur population passer de quelques centaines à plusieurs milliers de résidents, la problématique de la gestion des déchets vient immédiatement à l’esprit, d’autant plus que la montagne est un milieu fragile.

Châtel, une des stations lauréates du label Flocon Vert décernée par l’association Mountain Riders aux stations les plus respectueuses de l’environnement, et dont la société de remontées mécaniques a reçu la certification environnementale ISO 14001, est ainsi particulièrement attentive à la gestion de ses déchets. Sa démarche associe sensibilisation tout au long de l’année et actions ponctuelles pour la propreté de la montagne, et vise aussi bien les habitants que les vacanciers. Chaque année est ainsi organisée la journée Ecolovie, un événement convivial et éducatif qui vise à ramasser les déchets découverts sous les télésièges après la fonte des neiges, qui représentent un risque de pollution pour les sols et les cours d’eau. Et tout au long de l’année, l’accent est mis sur la sensibilisation, auprès notamment des enfants, à travers un programme d’éducation à l’environnement, des sorties terrain ou encore la mise en place d’un système de compostage et la création d’un potager au sein de l’école.

Une meilleure gestion des déchets en station, c’est aussi la distribution de cendriers de poche - on peut retrouver jusqu’à 30.000 mégots sous un télésiège ! - , aux Rousses, dans le Jura, ou encore à Chamrousse, en Isère, le nettoyage systématique des pistes et des parkings en fin de saison ou encore la présence de panneaux lumineux sur les pistes pour sensibiliser les skieurs à la gestion de leurs déchets.

Le ski, mais pas que… vivre la montagne autrement !

On ne vous apprendra rien, la montagne ne se limite pas au ski. Certaines stations l’ont bien compris : elles s’attachent à proposer d’autres activités permettant de vivre la montagne autrement… et, cerise sur le gâteau, plus respectueuses de l’environnement. Ainsi, à La Rosière, en Haute-Savoie, les vacanciers peuvent profiter de l’hiver en mode zen, raquettes au pied, profitant de leur sortie pour découvrir le patrimoine du domaine.

D’autres stations s’attachent à mettre en œuvre un développement plus équilibré entre le tourisme hivernal et les autres activités liées à la montagne, et notamment l’agriculture. A Châtel, pastoralisme et tourisme sont ainsi pensés en relation, et non en opposition. La commune de Chamrousse anime elle aussi un groupement pastoral qui permet le dialogue entre bergers, exploitant du domaine skiable et pouvoirs publics, afin de concilier besoins d’aménagements pastoraux, préservation de la faune et enjeux touristiques. Un troupeau, ce peut ainsi être un « outil » de tonte naturelle au printemps et à l’automne ! Et chaque année, le ré-engazonnement des pistes s’opère avec des compositions de graines adaptées au terrain et à l’alimentation des troupeaux. Le pastoralisme est enfin une composante du dynamisme économique de la région, à travers la vente de produits locaux en circuits courts, l’offre d’activités touristiques à la ferme. Qui ne se laisserait pas tenter par un odorant fromage fermier, une confiture de myrtille à dévorer au gouter ou un petit génépi pour bien finir la journée ?

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