14 mars 2018

Un grand petit voyage – Par Ronan Merot

Cette tradition qui revient chaque hiver : partir dans ma montagne pour un long week-end, qui chaque année me rappelle les fondamentaux de la vie et mes envies profondes. J’y ai emmené Guillaume, Karl, Yvain, Philippe, Thibault et d’autres. Cette année c’est Adrien qui arrive à se libérer pour m’accompagner. Que des garçons, mais c’est vrai que les conditions sont rudes, et la perspective de la montagne hivernale sans eau courante ni électricité ne fait guère rêver nos compagnes.

 

 
montagne
 

Le trajet en lui-même est un poème : train de nuit/car/train/car. On oublie qu’en France il y a encore des destinations lointaines, et pourtant ! Ne reste plus que les quelques kilomètres de piste à monter, avec la nourriture et surtout la boisson ! L’aventure est aussi gastronomique.

 
Montagne
Montagne
 

La maison n’a pas bougé, en fait elle n’a pas bougé depuis  1850, une des rares maisons intacte de cette vallée aux confins des Alpes et de la Provence. Quand il fait -5° dehors, il fait -5° à l’interieur, la faute aux moutons et au fourrage disparus depuis bien longtemps, qui à l’époque chauffaient et isolaient la maison.

 
montagne
 

Les taches sont simples mais indispensables : chercher de l’eau, couper du bois, préparer les lits de camp avant la nuit. Après ce sont les plaisirs simples, les patates au lard cuites sur le feu, le whisky et les discussions qui prennent un tour philosophique à la lueur du feu de bois.

Le lendemain départ pour un plateau posé sur une barre rocheuse au-dessus du village. L’été c’est en deux heures et en courant que j’y vais, il nous faudra 5 h de raquettes pour y arriver. Malgré ma connaissance poussée de ce coin de montagne c’est grâce au GPS que nous finissons le parcours sans verser dans le précipice. La pente est sévère et la neige est profonde, avancer nous demande autant d’efforts dans les bras que dans les jambes, mais quel plaisir de marcher sans croiser d’autres traces que celles des chamois et des renards. Le retour est forcément plus rapide, quelques heures de course effrénée à travers les sapins, courir en raquettes, l’un des exercices hivernal les plus drôle.

 
montagne
 
Montagne
 Montagne
 
montagne
 

Deuxième jour, une envie pressante de ski alpin nous taraude… La navette passe à 8h dans la vallée, c’est notre billet pour rejoindre la station. En fait de navette c’est un Renault espace hors d’âge qui nous emmènera au pied des pistes pour une journée dans la montagne contemporaine… Super ski, mais tellement bruyant et frénétique quand on vient de la solitude du village abandonné… Le retour au bercail après une marche de nuit dans la montagne est un régal, mais à 19h tout le monde est au fond de son sac ; cramés les aventuriers à la petite semaine !

 

Montagne
 

Dernier jour, certains l’appellent le jour du grand décrassage, avec une étape obligatoire dans le torrent. Le bain dans l’eau à 2°, promettant aux inconscients une fraicheur de corps et d’esprit pour l’année à venir, selon le dicton inventé pour l’occasion...

 
montagne
 

Plus que 12 heures de voyage avant de retrouver Paris, ce n’est pas grave, je repars bientôt.

 
Montagne
Montagne
 

 

Ne laissez passer aucune de nos histoires